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Stéphane Dion, député

Search stephanedion.liberal.ca

Merci de visiter mon site Web. J’espère que vous pouvez prendre quelques instants pour fureter, pour en apprendre davantage sur moi et sur ce que je fais pour les habitants de St-Laurent-Cartierville. J’ai hâte de prendre connaissance de vos préoccupations et de vos idées sur les moyens de bâtir un Canada meilleur, un Canada qui montre l’exemple au monde.

Période de Questions: Irak ( 27 janvier 2015, Chambre des communes, Parlement du Canada, Ottawa)

Posted on 29 janvier 2015 | No Comments

Bonjour à tous,

Le Premier ministre et le ministre de la Défense se contredisent au sujet de la nature de l’intervention militaire canadienne sur le sol de l’Irak : est-ce une mission de combat ou non?

Ma collègue Joyce Murray et moi-même avons interrogé le ministre de la Défense à ce sujet le 27 janvier 2015. Vous trouverez ces échanges ci-dessous.

Comme toujours, j’aurai grand plaisir à lire vos commentaires!

Stéphane Dion

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Mme Joyce Murray (Vancouver Quadra, Lib.)

Monsieur le Président, hier, à la Chambre, le ministre de la Défense nationale a justifié la participation de militaires canadiens au combat sur la ligne de front en disant: « je doute que nous puissions entraîner des soldats sans les accompagner. »

Or, le 30 septembre, le premier ministre avait explicitement écarté la possibilité de combats sur le terrain. Pendant la période des questions, il avait déclaré, en parlant de la mission: « Il s’agit de conseiller et d’assister, et non pas d’accompagner. »

Pourquoi le ministre de la Défense contredit-il directement le premier ministre et pourquoi le premier ministre le protège-t-il aujourd’hui?

Les Canadiens ne méritent-ils pas la vérité?

 

L’hon. Rob Nicholson (ministre de la Défense nationale, PCC)

Monsieur le Président, nous avons été très clairs en ce qui a trait au rôle de nos forces aériennes basées au Koweit et des membres de nos forces spéciales qui sont là pour conseiller et assister.

Je crois que ce que les Canadiens n’accepteront pas, c’est la position du Parti libéral, qui est d’approuver l’intervention militaire seulement si les résultats sont déjà connus ou si d’autres font le travail ingrat. Cela n’a jamais été la position du Canada dans le passé. C’est tout le contraire de ce que nous sommes. Les Canadiens appuient le gouvernement et nos opérations dans cette région.

 

L’hon. Stéphane Dion (Saint-Laurent—Cartierville, Lib.)

Monsieur le Président, la contradiction est trop flagrante pour être niée.

Le 30 septembre dernier, le premier ministre a dit: « Il s’agit de conseiller et d’assister, et non pas d’accompagner. »

Hier, le ministre de la Défense nationale a déclaré: « je doute que nous puissions entraîner des soldats sans les accompagner. »

La contradiction est tellement forte!

Quand le premier ministre a induit la Chambre et les Canadiens en erreur par sa déclaration inexacte, pourquoi le ministre de la Défense nationale ne s’est-il pas levé de son siège, à l’époque, pour dire aux Canadiens et à la Chambre que le premier ministre se trompait et que les troupes allaient « accompagner »?

 

L’hon. Rob Nicholson (ministre de la Défense nationale, PCC)

Monsieur le Président, le député voudrait que nos troupes ne fassent rien du tout. Voilà une chose qui ne fait aucun doute. Nous avons été très clairs: les membres de nos forces spéciales seront là pour conseiller et assister tandis que nos forces aériennes basées au Koweit exécuteront des raids aériens. La contradiction, c’est que le Parti libéral souhaite que nous ne participions aucunement à ce combat contre le terrorisme, alors que personne n’est d’accord avec lui.

Période de Questions: Raïf Badawi ( 26 janvier 2015, Chambre des communes, Parlement du Canada, Ottawa)

Posted on 27 janvier 2015 | No Comments

Chers lecteurs,

Raïf Badawi, créateur du site web, milite pour le droit de parole et la libéralisation des lois de moralité de l’Arabie saoudite. Cela lui a valu d’être condamné à 1 000 coups de fouet, 10 ans de prison et 267 000 $ d’amende.

Cet odieux châtiment continue à susciter les protestations de l’ONU et d’un grand nombre de gouvernements, d’organisations civiles, de médias et d’individus. L’Opposition libérale a pressé le gouvernement canadien d’intervenir en faveur de M. Badawi dont l’épouse et les enfants ont trouvé refuge au Canada.

Le 26 janvier 2015, j’ai demandé au Premier ministre d’intercéder lui-même directement auprès du nouveau roi saoudien. Vous trouverez l’échange qui s’en est ensuivi en format texte et en vidéo ci-dessous. Comme toujours, j’aurai grand plaisir à lire vos commentaires.

Bonne lecture !

Stéphane Dion

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L’hon. Stéphane Dion (Saint-Laurent—Cartierville, Lib.)

Monsieur le Président, le ministre des Affaires étrangères a d’abord refusé d’intercéder pour Raif Badawi au motif qu’il n’était pas Canadien.

L’opposition libérale a insisté pour que le ministre dénonce le châtiment cruel et inhumain infligé au blogueur et pour qu’il réclame des autorités saoudiennes l’annulation totale de la peine, comme l’ont fait les Nations Unies, le gouvernement américain, quantité d’autres gouvernements et quantité de récipiendaires du prix Nobel.

Le premier ministre va-t-il intercéder lui-même directement auprès du nouveau roi saoudien, comme l’en prie l’épouse de M. Badawi?

 

L’hon. Lynne Yelich (ministre d’État (Affaires étrangères et consulaires), PCC)

Monsieur le Président, j’aimerais souligner que le ministre des Affaires étrangères s’est adressé directement au prince Turki Al-Faisal pour discuter du cas de M. Badawi. Le Canada également fait des démarches auprès de l’ambassadeur de l’Arabie saoudite à Ottawa. L’ambassadeur du Canada à Riyad a rencontré de hauts dirigeants de l’Arabie saoudite à ce sujet, et il cherche à organiser d’autres réunions. Le Canada estime que ce châtiment est une atteinte à la dignité humaine. Nous poursuivons nos efforts de promotion et de protection des droits de la personne dans le cadre de la représentation du Canada à l’étranger…

 

Le château de cartes de Jacques Parizeau

Posted on 26 janvier 2015 | No Comments

Bonjour à tous,

Pour son numéro 35, la revue Inroads m’a demandé d’analyser le récent livre de Chantal Hébert et Jean Lapierre, Confessions post-référendaires. Les acteurs politiques de 1995 et le scénario d’un Oui. Ce livre présente les réponses des principaux acteurs du référendum québécois de 1995 à la question : « Qu’auriez-vous fait aux lendemains d’un Oui ? Que ce serait-il passé selon vous ? ».

Dans mon analyse, j’explique en quoi ce livre renforce ma conviction que la victoire du Oui aurait mené au chaos plutôt qu’à l’indépendance du Québec. La question était tellement confuse et le cadre juridique si bafoué que ce processus n’avait aucune chance d’aboutir à quelque chose de bon pour qui que ce soit.

Vous trouverez mon texte ci-dessous. Vous pouvez aussi y accéder dans les deux langues officielles, par le site web de Inroads (http://inroadsjournal.ca/ ). Même si les articles sont habituellement réservés aux abonnés de la revue, vous pouvez en ce moment vous abonner gratuitement à cette dernière pour une période d’un mois, ce qui vous donnera accès à l’ensemble des articles publiés par cette excellente revue au cours des dix dernières années. Il vous suffit de cliquer sur le bouton “Subscribe now” et de choisir l’option “30 day trial by invitation.”

Je vous souhaite bonne lecture et comme toujours, aurai grand plaisir à lire vos commentaires.

Cordialement,

Stéphane Dion

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Le château de cartes de Jacques Parizeau

Stéphane Dion

Stéphane Dion est député fédéral de St-Laurent–Cartierville. Il a été ministre des Affaires intergouvernementales de 1996 à 2003 et Chef du Parti libéral du Canada et Chef de l’Opposition officielle de 2006 à 2008.

Chantal Hébert et Jean Lapierre, Confessions post-référendaires. Les acteurs politiques de 1995 et le scénario d’un Oui. Montréal : Les éditions de l’Homme, 2014. 288 pages.

 

Voilà un ouvrage fort crédible. Il a été rédigé par l’une de nos journalistes politiques les plus aguerries, et certainement la plus biculturelle. Au fil des chapitres, Chantal Hébert résume avec clarté et concision 17 entrevues conduites auprès des principaux acteurs du référendum québécois de 1995 et de certains des dirigeants fédéraux et provinciaux de l’époque. À chacun de ces acteurs politiques, elle a posé les mêmes questions : qu’auriez-vous fait aux lendemains d’un Oui ? Que ce serait-il passé selon vous ? À ce jour, aucune de ces 17 personnalités ne s’est plainte de ce que ses propos auraient été mal rapportés. Mme Hébert a d’ailleurs bénéficié, pour la majorité de ces entrevues, de l’aide de Jean Lapierre qui allie, comme pas un, l’expérience de la vie politique à celle du journalisme de terrain.

Les deux auteurs affirment avoir tenté de rapporter ces témoignages sans les soumettre au filtre de leurs opinions. À mon avis, ils y sont parvenus. Ma propre opinion personnelle sur cette question étant bien connue, j’ai vérifié si les informations contenues dans ce livre la confirmait ou l’infirmait. Je crois pouvoir montrer ici qu’elles l’ont confortée.

Paradoxalement, c’est Lucien Bouchard qui, récemment, a résumé en une seule phrase ce qu’auraient pu donner, selon moi, les lendemains d’un Oui. À peu près au moment de la sortie de Confessions post-référendaires, voici ce qu’a déclaré M. Bouchard lors d’une entrevue, à propos de l’éventuelle déclaration unilatérale d’indépendance que projetait de faire Jacques Parizeau si le Oui avait prévalu au référendum de 1995 : « Mais ça aurait été dramatique, il ne fallait pas que ça arrive comme ça, il ne fallait pas parce que c’est le chaos le lendemain1 ».

Eh bien, c’est précisément pour éviter le chaos que j’ai accepté l’offre de Jean Chrétien de devenir son ministre de l’unité canadienne quelques mois après le référendum de 1995. J’étais persuadé que la procédure mise en place par Jacques Parizeau n’aurait pas mené à l’indépendance. Elle aurait conduit au chaos, ou du moins à des mois de turbulence qui n’auraient valu rien de bon pour personne. La secousse aurait été ressentie partout au Canada, mais nulle part davantage qu’au Québec même, et à Montréal en particulier. Contrairement à ce qu’on a souvent dit de moi, je n’ai pas poussé à la clarification des règles de sécession pour protéger le Canada du Québec. Je l’ai fait en tant que Québécois, qui ne voulait pas voir sa société profondément divisée aux lendemains d’un Oui, sans cadre juridique pour surmonter ses divisions.

Disons que la lecture de Confessions post-référendaires n’a rien fait pour m’ébranler dans ma conviction, bien au contraire. Il faut recommander ce livre à tous ceux qui répètent ad nauseam que le Canada est passé à deux doigts de la rupture au soir du référendum du 30 octobre 1995. On ne saura jamais avec certitude ce qui se serait passé si, disons, quelque 50 000 électeurs de plus avaient voté Oui plutôt que Non. Mais le moins qu’on puisse dire, c’est que le scénario d’une sécession n’est pas celui qui ressort comme le plus plausible à la lecture de ce livre. C’est toutefois le seul scénario qui y est énoncé de façon élaborée. On en trouve la description dans le témoignage de Jacques Parizeau, laquelle donne à ce livre son épine dorsale.

Dans son témoignage, Jean Chrétien affirme qu’il avait des cartes à jouer en cas d’un Oui, mais il a refusé de les révéler à Hébert et Lapierre. Même à l’époque du référendum, il s’était montré très secret quant à ses intentions, n’en parlant ni à ses ministres ni à ses collaborateurs les plus proches, de crainte que l’évocation de scénarios de défaite ne décourage les militants du Non en pleine campagne référendaire. On sait donc ce que le Premier ministre Parizeau envisageait de faire, mais pas ce que le Premier ministre Chrétien avait en tête, sinon qu’il était bien déterminé à résister à une sécession qui aurait été tentée sur la base d’un résultat qui aurait manqué de clarté.

Jacques Parizeau, quant à lui, entendait foncer vers la sécession, sans attendre. L’enlisement, le marécage des tables de négociations, c’était son « cauchemar » et il n’aurait pas hésité à faire une déclaration unilatérale d’indépendance pour tenter d’en sortir. Il ne croyait pas que le partenariat politique et économique énoncé dans le libellé de la question ait les moindres chances d’être accepté par la partie canadienne. Il voulait une négociation d’affaires aussi courte que possible, entre technocrates du reste du Canada et du Québec, ne portant que sur les modalités de la séparation. Il donne l’exemple du divorce de velours Tchécoslovaque : « Les Slovaques disent : “on veut s’en aller” et les Tchèques répondent : “Bon débarras. Asseyons-nous à une table et on partage les affaires.” Cela s’est fait en un an ».

Parizeau tenait prête son équipe de négociateurs, des experts qui avaient sa confiance et qui aurait pris le pas sur celui qui était en théorie le négociateur en chef, Lucien Bouchard. Des fonctionnaires du ministère québécois des Finances avaient déjà leurs billets d’avion pour les grandes capitales financières du monde. Parizeau avait constitué une réserve de 17 milliards de dollars dans le but de calmer la tourmente dans les marchés financiers. Une liste de personnalités identifiées au camp fédéraliste prenant acte du résultat aurait été publiée le lendemain dans les quotidiens québécois. Le maire de Montréal, Pierre Bourque, devait faire une déclaration dans le même sens. Convoquée dans les 48 heures, l’Assemblée nationale aurait elle aussi fait une déclaration moratoire de ralliement. Des contacts avec la classe politique française avaient été pris pour qu’elle appuie cette déclaration.

Selon Parizeau, les Cris et les Inuits ayant signé la Convention de la Baie-James, ils auraient pu difficilement faire prévaloir un droit de rester dans la fédération canadienne, Mais pour les parties plus méridionales du Québec, où vivent les Innus et les Mohawks, qui n’avaient pas signé de tels traités, Parizeau était prêt à « laisser le fédéral s’arranger avec la gestion de ces territoires ».

L’essentiel de ce plan Parizeau était déjà connu avant la parution de Confessions post-référendaires, l’exception la plus notable étant la révélation choc du fait qu’il envisageait la partition possible du territoire québécois. J’ai déjà eu l’occasion d’expliquer ailleurs ce qui ne va pas dans ce scénario Parizeau. Je suis persuadé que ce plan se serait effondré comme un château de cartes.

Contrairement à ce qu’était la Tchécoslovaquie au sortir du communisme, le Québec est une démocratie bien établie, tout comme le Canada tout entier. On ne peut pas imaginer que le peuple québécois, après s’être exprimé au référendum, aurait évacué la scène pour n’y laisser que des négociateurs dénués de passion. Les opinions publiques et les groupes d’intérêts de toutes sortes auraient continué à s’exprimer – comme dans le reste du Canada d’ailleurs. Parizeau n’aurait pas pu les enfermer dans une cage à homards, pour reprendre son expression.

Il faut garder en tête la fragilité de l’appui au Oui, qui aurait probablement fondu comme neige au soleil aux premières difficultés, tellement il avait été gonflé artificiellement par une question confuse : selon les sondages de l’époque, la moitié des électeurs pensait que l’indépendance était conditionnelle à la négociation d’un partenariat politique. Comment les Québécois auraient-ils réagi en apprenant que Parizeau risquait leurs épargnes dans l’espoir, sans doute vain, de calmer les marchés ? Sans compter que les rumeurs de traficotage dans les urnes qui couraient à l’époque n’auraient rien fait pour calmer les esprits.

La question juridique se serait inévitablement posée. Parizeau n’aurait eu d’autre choix que de l’évoquer lui-même pour imposer son autorité aux Québécois, y compris les Inuits et les Cris. Or il n’avait pas le pouvoir d’enlever le Canada aux Québécois qui voulaient le garder. Ceux-ci auraient eu le droit pour eux. La légalité de la démarche sécessionniste du gouvernement Parizeau avait été déjà mise en cause : le jugement Lesage de la Cour supérieure du Québec l’avait qualifiée de « manifestement illégale » et constituant « une menace grave aux droits et libertés du demandeur garantis par la Charte canadienne des droits et libertés2 ».

Quant à la reconnaissance internationale, il est plus que douteux que le Québec aurait été reconnu comme un État indépendant contre l’avis du gouvernement canadien. Il n’y a pas de précédent de cet ordre. Les notes de breffages du Président Clinton indiquent ce qu’aurait été la réaction des États : « Since the Canadians have yet to work out their future constitutional arrangements, it is premature to consider the question of recognition of Quebec3 ».

Pour ces raisons, le plan Parizeau aurait presque certainement échoué. Confessions post-référendaires me renforce dans cette conviction. Les témoignages qu’on y trouve vont dans ce sens.

Premièrement, le camp du Oui aurait probablement éclaté. Ni Lucien Bouchard ni Mario Dumont n’entendaient se laisser écarter par Parizeau après le référendum. Or c’était Lucien Bouchard qui était l’homme populaire, le champion du camp du Oui. Si lui et Dumont avaient lâché Parizeau, on peut penser que les conséquences sur l’opinion publique auraient été négatives pour celui-ci et pour son projet de sécession.

Deuxièmement, Parizeau pêchait par optimisme à propos de l’éventuel ralliement de Québécois fédéralistes. La déclaration de fédéralistes notoires qui, selon lui, aurait paru dans les journaux ne parlait pas d’indépendance; elle réclamait simplement un sommet sur les défis auquel le Québec allait faire face. Confessions post-référendaires nous montre un Daniel Johnson, une Lucienne Robillard et un Jean Charest aucunement disposés à se rallier à l’indépendance en cas de faible victoire du Oui.

Finalement, pour que le plan Parizeau fonctionne, il aurait fallu qu’une équipe de négociations canadienne se constitue rapidement, avant qu’une majorité de Québécois ait eu le temps de se retourner contre la sécession. Confessions post-référendaires montre que cela était bien improbable : les ministres fédéraux et les premiers ministres provinciaux interrogés par Mme Hébert écartent la possibilité qu’un partenariat politique et économique aurait pu être négocié. En cela, Parizeau ne se trompait pas. Mais même la négociation rapide d’un accord de séparation aurait été hors de portée.

Seul Preston Manning était prêt à négocier la sécession sur la base d’une mince majorité, mais il aurait imposé des conditions très dures. Le livre indique par ailleurs que les autres politiciens interrogés, tant au fédéral que dans les provinces anglophones, n’auraient pas accepté Manning comme négociateur en chef du Canada. Les premiers ministres Roy Romanow de la Saskatchewan, Mike Harris de l’Ontario et Frank McKenna du Nouveau-Brunswick avaient pour priorité de protéger les intérêts de leur province. Un départ précipité du Québec, même si cela avait été possible n’était pas leur premier choix. Miser sur un retournement de l’opinion québécoise, contre la sécession, leur apparaissait une issue bien préférable. Comme le résume Frank McKenna : « Certains Québécois auraient regretté leur choix. Certains auraient dit : “Qu’est-ce qu’on a fait ? Qu’est-ce que cela signifie vraiment ?” »

C’était aussi l’opinion des ministres et des conseillers proches de Jean Chrétien. Comme le dit Bob Rae : « De la manière dont le référendum était configuré, personne de devrait présumer que le pays était fini [si le oui l’emportait]; la question ne menait pas inévitablement à cette conclusion ».

En résumé, dans une démocratie, une sécession ne peut pas se faire de façon unilatérale, sans cadre juridique. Elle doit se faire par la négociation. Entre le soir d’un Oui référendaire et la conclusion d’un accord de séparation dûment négocié dans le cadre du droit, il se passerait de longs mois, tant la scission d’un État moderne serait une tâche énorme et difficile. Pour que l’appui à la sécession résiste aux difficultés inhérentes à de telles négociations, il faut un appui clair au départ. En misant sur la confusion plutôt que sur la clarté et en sortant du cadre du droit, le projet de sécession de Jacques Parizeau ne pouvait qu’échouer. J’en suis encore plus convaincu après avoir lu l’ouvrage de référence qu’est déjà devenu Confessions post-référendaires.

 

Notes

1 24/60, RDI, 22 août 2014, consulté à http://ici.radio-canada.ca/widgets/mediaconsole/medianet/7145926/?seektime=576.0070000000001

2 Bertrand c. Québec (Procureur général), [1995] R.J.Q. 2500, J.E. 95-1737

3 Canadian Press, « U.S. Wouldn’t Have Recognized Que. Independence after ’95 Referendum: Documents », CBC, 14 mars 2014, consulté à http://www.cbc.ca/m/touch/canada/montreal/story/1.2573351

 

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