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Chers lecteurs,
Le 29 mai 2013, au nom du Parti libéral du Canada et de son chef Justin Trudeau, j’ai prononcé une brève allocution à la Chambre des communes pour rendre hommage à l’honorable Denis Coderre à l’occasion de son départ de la Chambre des Communes après seize années de vie politique fédérale au service des Canadiens.
Vous trouverez le texte ci-dessous.
Bonne lecture !
Stéphane Dion
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L’hon. Stéphane Dion (Saint-Laurent—Cartierville,Lib.):
Monsieur le Président, jesuppose que si notre chef, le député de Papineau, et le caucus libéral m’ont demandé de fairece témoignage sur les 16 ans de vie politique fédérale du député de Bourassa, c’est non seulement parce que nous sommesliés par une amitié qui remonte à plus de 16 ans, mais aussi parce que,effectivement, je l’ai connu dans une autre vie.
J’étais alors jeune professeur, à la fin des années 1980. J’avais uneclasse tranquille, les étudiants étaient studieux et ils m’écoutaient. Tout àcoup est arrivé un étudiant incontournable, bouillant. La classe était sensdessus dessous. La moitié des étudiants étaient pour lui, l’autre contre lui.Il intervenait sur tout et, de plus, il était bon étudiant. Quand il entraitdans mon bureau, il n’entrait jamais seul. Il avait toujours sagangavec lui.
Je dois aussi vous dire,monsieur le Président, qu’ils étaient fédéralistes, et ce n’était pas à causede moi — je ne faisais pas de politique à l’université, bien sûr que non —,mais à cause de lui.
Je fais ce témoignage pourexpliquer que le député de Bourassa n’a pas choisi la politique, c’est lapolitique qui l’a choisi. Il est tombé dedans quand il était petit, d’oùd’ailleurs son gabarit impressionnant.
Une voix: Obélix.
L’hon. Stéphane Dion: Absolument, c’est l’Obélix de la politique.
Pour terminer, j’aimerais signaler que ces traits de caractère que j’aivus chez l’étudiant, je les ai observés pendant 16 ans ici, à la Chambre, à latable du Cabinet et partout au Canada.
C’est un homme de contraste, à la fois fort et entier, mais aussiattentif et compatissant; travailleur comme quatre, mais bon vivant et bon ami;coloré, mais homme de culture, même s’il essaie de le cacher. C’est unconvaincu, et c’est ce qui fait qu’il travaille comme quatre. Il est poussé parses convictions; ce n’est pas un arriviste, mais en même temps, il estconvaincant. C’est un redoutable politicien. Il est proche des gens, populisteau bon sens du terme, mais en même temps un homme de contenu. Je ne l’ai jamaisvu échapper un dossier. Pour reprendre ses propres expressions, il estpertinent et percutant, à l’écoute, mais une fois qu’il a bien écouté, il vabrasser la cage, comme il l’a fait dans les domaines du sport et del’immigration, ainsi que dans toutes les responsabilités qui ont été lessiennes.
Je termine là-dessus, sinonje pourrais parler du député de Bourassa pendant des jours. Pour ce qui est del’avenir, je veux seulement dire, en tant que député de Saint-Laurent, que leboulevard Cavendish n’est pas terminé. C’est une honte et il est grand temps dele faire.
Chers lecteurs,
Le 24 mai 2013, à l’âge de 91 ans, est décédé le grand sociologue français Michel Crozier. J’ai eu la chance de faire ma thèse de doctorat sous sa direction.
Vous trouverez ci-dessous le témoignage que j’ai adressé à l’un de ses plus proches collaborateurs, Erhard Friedberg, et qui est paru sur le site des amis de Michel Crozier: www.michel-crozier.org.
Bonne lecture.
Stéphane Dion
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Une conception optimiste du pouvoir
J’ai appris avec tristesse le décès de Michel Crozier. Comme tant d’autres qui ont eu la chance d’étudier avec lui, je ne saurais exprimer tout ce que je lui dois.
Je dirai simplement ceci : il m’a enseigné une conception optimiste du pouvoir. La voici en mes mots:
Le pouvoir est une relation propre à l’espèce humaine. Elle vient du fait que généralement, les sociétés humaines sont très peu programmées et laissent plutôt une grande marge de manoeuvre, ou mieux, une aire de liberté à leurs membres. On peut contraindre cette marge mais on ne peut jamais l’anéantir. Chacun est laissé dans l’incertitude du comportement des autres, d’où la nécessité d’établir des relations de pouvoir à tous les niveaux de la vie sociale. Si ce n’était de la réalité des relations de pouvoir, il n’y aurait que des rapports de domination-soumission.
En somme, le pouvoir naît de la liberté, et la liberté en société n’est possible que grâce aux relations de pouvoir. Voilà une pensée libérale sur laquelle je me suis appuyé depuis que Michel Crozier me l’a enseignée. Elle m’aide à comprendre et à agir. Elle m’a guidé comme sociologue et comme homme politique.
En tant qu’étudiant venu en France d’un pays étranger, je veux aussi témoigner de la profonde sollicitude de Michel Crozier et de son humanité. Il attirait à Paris des étudiants de tous les continents et se reconnaissait une responsabilité particulière envers eux. Il tenait vraiment à nous voir réussir dans nos recherches et dans nos carrières ultérieures. Il a d’ailleurs gardé le contact avec plusieurs d’entre nous.
Enfin, Michel Crozier, c’était aussi une équipe formidable, constituée aussi autour d’Erhard Friedberg à qui j’envoie une pensée amicale en ces moments difficiles.
Stéphane Dion
Promotion 1980 du Cycle de sociologie des organisations
Doctorat d’État sous la direction de Michel Crozier (1984)
Professeur de science politique à L’Université de Montréal (1984-1996)
Ministre du gouvernement canadien (1996-2005)
Député à la Chambre des Communes du Canada (1996 à …)
Chers lecteurs,
Le bilinguisme a-t-il un avenir au Canada ? Pour connaître mon avis sur la question (appuyé par quelques faits et statistiques) veuillez trouver les liens ci-après, dans les deux langues officielles, vers le texte d’une conférence que j’ai prononcée le 1er mai 2013 à l’Université McGill.
Comme toujours, j’aurai grand plaisir à lire vos commentaires.
Bonne lecture !
Stéphane Dion
Bilinguisme – FR
Bilingualism – ENG
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